Bercy devrait clore l'affaire Tapie
C' est à l'issue d'une réunion, lundi 28 juillet, de l'organe de tutelle du Consortium de réalisation (CDR), chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais, que Christine Lagarde doit décider si elle dépose un recours contre l'indemnisation de 285 millions d'euros accordée à Bernard Tapie au titre de la vente d'Adidas par le Lyonnais. Selon Le Journal du dimanche du 27 juillet, la ministre de l'économie devrait clore définitivement l'affaire, et ne pas revenir sur l'ordonnance rendue le 11 juillet par une instance arbitrale. Et ce, malgré les protestations de François Bayrou, le président du MoDem, de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, et de l'ancienne juge Eva Joly.
"JE NE SUIS PAS INQUIET"
De son côté, Bernard Tapie s'est dit confiant face à la menace d'un éventuel recours. "Je ne suis pas surpris que l'EPFR [Etablissement public de financement et de restructuration] vérifie – c'est son rôle – s'il est possible ou non de casser le jugement, déclarait l'homme d'affaires dans Le Parisien de samedi. Mais je ne suis pas inquiet compte tenu de l'avis des spécialistes consultés et de la compétence des trois arbitres."
Le même jour, le PDG du Crédit lyonnais de 1993 à 2002, Jean Peyrelevade, s'est plaint de pas avoir été entendu dans le cadre de la procédure, à la différence de Bernard Tapie. "Dès lors, le débat n'a pas été contradictoire, ce qui me paraît contraire aux principes les plus élémentaires du droit français", ajoutait-il sur son blog. S'il dit n'avoir "encore aujourd'hui qu'une connaissance partielle" de la sentence arbitrale rendue le 11 juillet, il déplore que le tribunal n'ait pas "fait référence" à un rapport d'expertise commandé par l'ancienne juge d'instruction Eva Joly disant "expressément" que le montage retenu pour la vente d'Adidas "n'est pas un portage", contrairement à ce qu'a estimé le tribunal arbitral.
Le directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, avait expliqué jeudi qu'il existait de nombreux obstacles à un recours. Répondant au Parti socialiste et au président du MoDem, qui soupçonnent une intervention de l'Elysée, Bernard Tapie réaffirme que Nicolas Sarkozy a été "évidemment totalement étranger au choix de la procédure, au choix des arbitres, à la décision". L'homme d'affaires estime par ailleurs qu'il devrait obtenir, après s'être acquitté des différentes dettes contractées par son groupe, "un peu moins de 20 % de ce que la banque a gagné sur cette affaire". "Je prends l'engagement de rendre public le résultat quand il sera définitif", a-t-il dit.
Source : Le Monde



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