Obama: victoire aux primaires démocrates en vue ?
Le sénateur de l'Illinois est en passe de décrocher l'investiture démocrate à l'issue des deux dernières primaires
Celles-ci se déroulent mardi dans le Montana (nord-ouest) et le Dakota du Sud (nord). Barack Obama est favori dans ces deux scrutins face à sa collègue newyorkaise, Hillary Clinton.
Il a d'ailleurs annoncé lundi qu'il pensait décrocher l'investiture de son parti "entre mardi et mercredi".
16 délégués sont en jeu dans le Montana et 15 dans le Dakota du Sud. Selon le site spécialisé RealClearPolitics, il ne manquait plus lundi soir à Barack Obama que 46 délégués pour décrocher l'investiture.
Le nombre de délégués en jeu dans les deux Etats est insuffisant pour qu'il puisse obtenir l'investiture qui exige le soutien de 2118 délégués. Mais son équipe s'attendait à ce que plusieurs "super délégués" (des élus et responsables du parti démocrate) encore indécis profitent des dernières primaires pour rejoindre le camp du sénateur de l'Illinois.
Ce dernier a fait savoir qu'il avait appelé L'ex-First Lady pour la féliciter de sa victoire dimanche dans la primaire de Porto Rico. Il a proposé de la rencontrer "où et quand elle le voudrait".
Quid d'''Hillary" ?
Pour l'instant, la sénatrice de New York laisse planer le doute sur ses intentions. Dans des entretiens accordés au "Washington Post" et au "New York Times", elle a admis que son rival démocrate avait "un léger avantage" en nombre de délégués. Elle n'en a pas moins revendiqué une victoire acquise, estime-t-elle, au vote populaire. Mais selon des calculs contestés, car elle tient compte de deux primaires où Barack Obama n'avait pas fait campagne. "Dans l'histoire récente des primaires, nous n'avons jamais eu un candidat qui n'ait pas gagné le vote populaire", a-t-elle dit au "New York Times".
L'argument du "vote populaire" est devenu un argument clef du camp Clinton. Le directeur de campagne d'"Hillary" a laissé envisager la possibilité d'un désastre au scrutin présidentiel de novembre si Hillary Clinton n'était pas désignée comme candidate. Il a rappelé que la dernière fois que les démocrates avaient choisi un candidat qui n'avait pas été adoubé par le vote populaire pendant les primaires, c'était en 1972, avec George McGovern (face au redoutable républicain Richard Nixon). McGovern avait enregistré l'une des pires défaites démocrates à la présidentielle: il avait perdu dans tous les Etats, sauf le Massachussets et la ville de Washingon... Le camp Clinton oublie cependant de rappeler que cette élection s'était déroulée dans le contexte très particulier de la guerre du Vietnam et des années qui suivirent 68.
Est-elle sur le point de renoncer ?
Toutefois plusieurs signes laissent penser que la sénatrice pourrait bientôt jeter l'éponge. A commencer par une petite phrase de son mari, l'ex-président Bill Clinton. "Aujourd'hui pourrait être le dernier jour où je suis engagé dans une campagne de ce genre", a-t-il dit à des partisans de sa femme dans le Dakota du Sud. Et selon le journal en ligne Politico, des membres de son équipe chargés de l'organisation de déplacements ont été informés que leurs fonctions touchaient à leur fin.
Pour autant, dans l'état actuel des choses, rien n'oblige la candidate à concéder sa défaite. Elle peut toujours espérer faire revenir sur leur choix les "super-délégués", cadres et élus du parti démocrate. Dans ce cas, ou si elle décidait de faire appel de la décision prise par son parti sur les primaires contestées de Michigan et de Floride, la décision sur le nom du candidat démocrate pourrait être repoussée à la convention nationale, du 25 au 28 août à Denver, à peine plus de deux mois avant la présidentielle.
Mais dans ce cas, "Hillary" jouerait avec le feu, risquant de braquer l'opinion à son égard, pensent maints observateurs. Elle pourrait ainsi offrir la victoire sur un plateau à John McCain, ajoutent les mêmes.
Pourquoi se maintient-elle ?
Nombre d'observateurs se demandent pour quelle raison la sénatrice reste encore dans la course. Ci-dessous quelques hypothèses...
En restant jusqu'au bout dans la course, l'ex-First Lady joue son va-tout: elle pourra toujours se consoler en cas de défaite en se disant qu'elle a tout tenté. Une manière de flatter son ego en quelque sorte...
La sénatrice mise peut-être également sur une gaffe de son adversaire. Ou une nouvelle polémique qui pourrait pousser les électeurs à s'interroger une nouvelle fois sur la jeunesse et le relatif manque d'expérience du sénateur de l'Illinois. Clinton pourrait alors plaider sa cause devant les super-délégués en faisant valoir qu'elle est la mieux placée pour battre le républicain John McCain.
En fait, en se maintenant, elle pourrait tout simplement chercher à se garantir un rôle de premier plan lors de la convention nationale du parti démocrate. "Hillary" pourrait ainsi convoiter une place comme vice-présidente sur le "ticket" avec Obama. Rester dans la course serait alors un moyen de faire pression sur le sénateur de l'Illinois pour qu'il accepte cette idée, suggérée par un ancien conseiller de Bill Clinton, aujourd'hui journaliste star d'ABC, George Stephanopoulos. Dans le même ordre d'idée, la sénatrice de New York pourrait convoiter un poste à responsabilité au Sénat américain, notamment chef de la majorité démocrate.
Mais il y a d'autres réalités, moins avouables, plus triviales et plus matérielles qui pourraient la pousser à rester dans la course... La candidate a des dettes et a dû prélever 11 millions de dollars de sa cagnotte personnelle pour financer sa campagne. En se maintenant envers et contre tout, elle pourrait obtenir un "deal" pour que lui remboursées ses dépenses de campagne...
Source : France2



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