Islamistes. Séisme au PJD
Contre toute attente, le PJD a porté à sa tête Abdelilah Benkirane. Tout en étayant l’image d’une épatante démocratie interne, le déroulement du sixième congrès du parti islamiste a permis de remobiliser une base populaire avide de combat politique. Chronique d’un putsch.
Ces 19 et 20 juillet, les islamistes du PJD s’étaient donné rendez-vous pour un week-end en famille. Pour leur sixième congrès, délaissant Bouznika, occupée par l’habituelle foule d’estivants, et son centre international, les GO du parti ont jeté leur dévolu sur la salle couverte du Complexe Moulay Abdellah de Rabat. Comme s’ils avaient pressenti qu’il allait y avoir du sport. Samedi encore, aucune trace de fébrilité à l’entrée : les islamistes, comme chacun sait, sont des gens sereins et hospitaliers. “On n'a rien à cacher”, répétait à l’envi ce dirigeant du parti de la lampe aux journalistes qui s’enquéraient des préparatifs. Une manière de conjurer le sort ? Ce qui est sûr, c’est que le PJD joue la transparence et aime le faire savoir. À en croire l’opinion commune jusqu’au début du congrès, nos amis barbus et voilées nous préparaient la chronique d’une confirmation annoncée : la réélection de Saâd Eddine El Othmani au poste de secrétaire général. Ou pas.
Acte 1 On s’échauffe
Complexe Moulay Abdellah à Rabat. Samedi, premier jour du congrès. Moins de 30 minutes après l’heure prévue, le secrétaire général (pas encore) sortant, Saâd Eddine El Othmani, ouvre la grand-messe. Il donne principalement lecture de “la thèse politique” (Al outrouha assiyassia), document détaillant le programme du parti. Les grandes tendances en avaient déjà filtré lors de la campagne des législatives de 2007. El Othmani réaffirme l’attachement du parti à ses fondamentaux, à commencer par le triptyque “Allah, Al Watan, Al Malik”. Sans surprise, les camarades n’oublient pas leur ennemi de toujours : le sionisme. Quand vient le tour des allocutions des délégations invitées, Khalid Sefiani enfonce (sans vergogne) des portes tenues béantes par ses hôtes. L’avocat et secrétaire général du Congrès national arabe harangue la foule, estimée à plus de 12 000 présents. Me Sefiani salue la (glorieuse) résistance libanaise et les (martyrs) Marocains morts pour la Cause, au lendemain de l’échange de dépouilles entre Tsahal et le Hezbollah. La salle omnisports résonne de slogans. Commentant les poursuites engagées par la Cour pénale internationale contre le président soudanais, Me Sefiani sait encore comment caresser son auditoire dans le sens du poil. “C’est Omar El Béchir qui devrait juger Bush, et non l’inverse !”.
Aux premiers rangs, certains anciens camarades de la gauche subissent le show sans ciller. La présence pléthorique des cadres de l’USFP (Zaïdi, Radi, Elyazghi, Chbaâtou, Chami, Lachgar, etc.) renseigne sur les divisions socialistes. La star du parterre est sans conteste Driss Jettou, longuement applaudi à son arrivée. Les absents ont toujours tort, Fouad Ali El Himma (invité en sa qualité de président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement) n’est présent que dans les discussions entre militants. “Viendra ? Viendra pas ?”. On murmure que l’ex n° 2 du régime craint la foule des militants du PJD, agacée par ses sorties répétées contre leurs dirigeants… Pas le temps de ruminer, c’est déjà l'heure des élections du conseil national, le parlement du parti. Deux heures après minuit, les résultats tombent : les “bad boys” sont tous là. En pole position, le “prédicateur” Mokrî Abou Zaïd, le député d’El Jadida qu’on dit en rupture de ban. Les congressistes ont également choisi deux proches de Mustapha Ramid : Abdelaziz Aftati et l’universitaire Abdelali Hami Eddine, mais aussi Mustapha El Khalfi, directeur d’Attajdid, et Ahmed Raïssouni, l’idéologue du MUR. Autre élu peu banal : Maâ El Aïnine Abadla, l'un des inculpés dans l’affaire Belliraj.
Acte 2 Par ici, la sortie !
Dimanche 20 juillet. Après une courte nuit, Saâd Eddine El Othmani et Lahcen Daoudi vont sentir le vent tourner. A posteriori, Lahcen Daoudi, ancien secrétaire général-adjoint, explique que le congrès a été “retourné”. Pour lui, les campagnes de vexations contre les responsables du parti ont fini par excéder la base : “Les gouverneurs et les pachas dans les provinces sont les premiers responsables de ce qui s’est passé”. Et de prévenir, alarmiste : “Si cette politique d’intimidation contre le PJD persiste, ce sera Ramid en 2012 !”.
Lors des débats à huis clos qui ont précédé la désignation des candidats au secrétariat général, des mots durs ont été prononcés contre le bilan d’El Othmani, SG depuis 2004. “C’était un lynchage un peu honteux”, commente ce proche d’El Othmani. “Il y a eu une discussion franche. Abdelaziz Rebbah ou Bassima Hakkaoui ont souhaité une rupture avec la ligne conciliante suivie depuis 2004”, avance ce militant. Difficile de savoir ce qui s’est réellement passé, cette première étape s’étant déroulée à huis clos. Mais une chose est sûre : à ce moment-là, Saâd Eddine El Othmani est toujours en tête. Pour la suite du scrutin, les journalistes sont à nouveau autorisés à assister aux votes. Entre-temps, trois candidats désignés se sont retirés de la course : Lahcen Daoudi, Mustafa Ramid et Abdelaziz Rebbah sont out. Saâd Eddine El Othmani, Abdelilah Benkirane et Abdallah Baha restent en lice pour le vote des congressistes.
Après de longues heures d’attente, les résultats tombent comme une gifle, tard dans la nuit rbatie : Abdelilah Benkirane est élu secrétaire général avec 684 voix, contre 495 pour Saâd Eddine El Othmani. Abdallah Baha s'est contenté de faire de la figuration (14 voix). Si le professeur de sciences politiques Mohamed Darif accepte de parler de surprise, c’est surtout par rapport à ce qui se passe dans les autres partis politiques : “Alors qu’ailleurs, les congrès servent à consacrer un arrangement politique, le PJD tranche avec la démocratie des coulisses”. En soi, l’élection de Benkirane n’est pas une surprise ahurissante. Figurant parmi les fondateurs du parti, il avait échoué à la dernière marche en 2004. Aujourd’hui, le contexte politique a changé, comme l'explique Darif, car “le PJD s’est libéré des contraintes du 16 mai”. Mais au-delà, Benkirane tire surtout profit des sorties de Fouad Ali El Himma. “En essayant de diviser le parti en deux courants, en opposant les modérés et les populistes, El Himma a affaibli la position d’El Othmani, déjà accusé d’être trop conciliant dans son propre camp”, explique ce chercheur. Abdelilah Benkirane l’a rappelé lors de sa première conférence de presse donnée en tant que SG, mercredi 23 juillet : “El Himma doit respecter les 500 000 personnes qui ont voté pour le parti aux dernières législatives”. Et comme pour couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs, Benkirane a immédiatement annoncé sa démission du MUR (Mouvement unicité et réforme), dont il a été l'un des créateurs. De là à penser que le PJD va rompre avec la dualité prédication-action politique, il y a un long chemin.
Portrait. L'étrange M. Benkirane
Colombe ou faucon ? Dogmatique dur ou pragmatique conciliant ? Makhzénien convaincu ou homme politique visionnaire et intelligent ? Abdelilah Benkirane était tout cela à la fois, un personnage complexe et polymorphe…
La désignation de Abdelilah Benkirane à la tête du PJD est presque un non-événement. L’homme a toujours été le vrai patron du parti islamiste, l’éminence grise qui trace et détermine à sa manière le destin du parti. “Le PJD c’est moi”, pourrait très bien dire Benkirane. Quand il parle de son parti, on sent dans son ton et ses mots la fierté et la satisfaction de l’artisan, du démiurge, contemplant et admirant sa création. Le PJD renvoie à Benkirane, comme un miroir, sa trajectoire personnelle, ses idées, son projet politique qu’il n’a cessé de défendre, parfois contre les siens. Souvent même. Combien de fois, et jusqu’à maintenant, les islamistes marocains ne l’ont accusé de “makhzénien”, “d’agent de Basri”, de bradeur d’un idéal de changement radical, balayant un Makhzen corrompu et suppôt de l’Occident. Benkirane s’en amuse et ne manque jamais de faire remarquer qu’il a fallu aux autres islamistes, y compris des pontes du PJD, plusieurs années pour arriver au point où il avait commencé. Une assurance qui vire parfois à la suffisance, irritant même ses “frères” au sein du PJD. Sa conception de l’action politique islamiste, du positionnement du parti, des rapports avec l’Etat et les centres du pouvoir ne plaisent pas à tout le monde au sein du mouvement islamiste et à l’intérieur du PJD.
Benkirane a toujours été conscient de son statut de leader contesté. Un handicap dont Saâd Eddine El Othmani a su tirer profit pendant des années, en usant de son image d’homme de consensus et de conciliation, avant de subir à son tour le boomerang d’une victoire trop hâtivement annoncée au scrutin de septembre 2007. Aujourd'hui, Benkirane peut savourer le plaisir d’occuper un fauteuil qu’il a toujours estimé être le sien.
Les années Chabiba
Le 18 décembre 1975, le syndicaliste et homme de gauche Omar Benjelloun est assassiné. Des membres de la Chabiba islamiya sont accusés du crime. Abdelkrim Moutiî, leader du mouvement, prend la fuite vers l'étranger, laissant ses disciples se démener comme ils le peuvent. C’est en cette période trouble que le jeune Abdelilah Benkirane, alors âgé de 22 ans, intègre le mouvement islamiste encore naissant. Après avoir fréquenté des militants de l’Istiqlal et du futur USFP à l’Ecole Mohammadia des ingénieurs et à l’Université de Rabat, il s’oriente vers une obédience politique qui correspond mieux à son milieu pieux et conservateur.
Une soirée passée en compagnie de militants de la Chabiba islamiya l’aurait convaincu de venir grossir les rangs de ce mouvement. À la fin de cette soirée, il reçoit en guise de cadeau le livre-référence de tous les islamistes qui rêvent d’en découdre avec leurs régimes “impies” : Jalons sur la route, de l’Egyptien Sayed Qotb, condamné à mort en 1966. Pendant cette période, Benkirane et ses frères ne rêvent que de révolution islamique et rejettent tout ce qui pourrait s’apparenter à un compromis avec le “taghout”, le gouvernement tyrannique et impie. La confrontation avec les militants d’extrême-gauche à l’Université façonne profondément la pensée et la vision de Benkirane à l’égard des idées de gauche. L’animosité du futur leader islamiste et sa violence verbale à l’égard de toute pensée ou attitude qu’il juge attentatoires à la religion trouvent là leurs racines.
Mais la relation entre Benkirane et Abdelkrim Moutiî, l’énigmatique leader de la Chabiba islamiya, se détériore. Le jeune islamiste demande au leader exilé plus de transparence dans la gestion du mouvement et sort un communiqué où il dénonce la ligne prônée par Moutiî et sa conduite chaotique du mouvement. C’est le clash. Si quelques membres du mouvement suivent Benkirane, certains hésitent, tandis que les autres restent fidèles à Moutiî, critiquant “le traître” et “l’agent du Makhzen”.
Les deux expériences d’emprisonnement et d’arrestation vécues par Benkirane, au début des années 80, ont été traumatisantes. Il a vu comment des hommes peuvent craquer devant la torture, élevée au rang d’arme de négociation et de dissuasion des adversaires. C’est à ce moment-là qu’un groupe de militants de la Chabiba décide d’amorcer la sortie de la clandestinité et d’opter pour l’action légale. Jusqu’au milieu des années 80, Benkirane, soutenu par Abdellah Baha, Mohammed Yatim et d’autres futurs dirigeants du PJD, mène une vraie bataille idéologique contre les siens, contre les islamistes marocains. Benkirane n’est pas un idéologue. Il n’a ni les prétentions intellectuelles d’un Abdeslam Yassine, ni l’érudition théologique d’un Ahmed Raïssouni. Mais il a une profonde conviction en ses idées et une nature coriace pour les défendre. Certains diront de la brutalité pour les imposer.
C’est grâce à Benkirane et à son cercle que le Maroc a été le premier pays arabe a avoir connu les fameuses “Morajaât” (les remises en question), où des groupes islamistes admettent, urbi et orbi, leurs erreurs, condamnent l’usage de la violence et reconnaissent la nature islamique de la société et de l’Etat. Quelques années en avance sur les groupes islamistes en Egypte et en Arabie Saoudite. Pour Benkirane, le mouvement islamiste n’est pas l’avant-garde de la communauté musulmane ni son unique représentant. Il n’est qu’une partie de cette communauté. C’est “un groupe de musulmans” et non pas “le groupe des musulmans”. Une nuance qui a valeur d’une vraie révolution idéologique. Toute action politique doit se faire au sein de l’Etat marocain et à l’intérieur de ses institutions. Adieu Sayed Qotb et ses idées. Cette autocritique intervient dans une période où les islamistes dans le monde ne rêvaient que d’une révolution à l’iranienne, et leur imaginaire était galvanisé par les prouesses des combattants en Afghanistan contre l’armée soviétique.
Compromis ou compromissions ?
Pour Abdelilah Benkirane, l’expérience aventurière de la Chabiba islamiya et, une décennie après, le drame algérien, fonctionnent comme un repoussoir et sont perçus comme des voies à ne jamais emprunter. Selon lui, tout est affaire de compromis, de négociations et de lecture des rapports de pouvoir. Même les noms et la sémantique sont assujettis aux tractations quand ils sont susceptibles de poser problème. Ainsi, Abdelilah Benkirane et ses amis ont changé le nom de l’association qu’il présidait entre 1985 et 1994 : “Al Jamaâ Al Islamiya” a été remplacé par le très œcuménique “Mouvement renouveau et réforme”. Cette association va constituer en 1996, après la fusion avec d’autres associations islamistes, le fameux MUR (Mouvement unicité et réforme).
Au début des années 90, Abdelilah Benkirane sent que son mouvement est prêt à se transformer en parti politique, fort en hommes et riche en idées. Les 400 militants d’après le divorce avec Moutiî se comptent maintenant en milliers et la marge de recrutement est encore grande. En 1992, Benkirane dépose lui-même, à la préfecture de Rabat, une demande pour autoriser la création du Parti du renouveau national. L’Etat oppose une fin de non-recevoir. Le voisin algérien venait d’entamer, la même année, sa traversée d’une décennie d’horreur et de massacres, déclenchée par l’annulation des élections remportées par les islamistes du FIS. Benkirane et ses amis changent leur fusil d’épaule. Et si on allait voir du côté du Parti de l’Istiqlal et son fameux référentiel islamique ? Les héritiers de Allal El Fassi posent leurs conditions : les islamistes marocains peuvent intégrer l’Istiqlal en tant qu’individus, mais jamais comme un mouvement. Mais les voies de la vie politique marocaine sont impénétrables, ou presque. Saleh Abou Raqiq, islamiste égyptien respecté, recommande ces islamistes “cherchant parti désespérément” à son ami Abdelkrim Khatib. Le Docteur est plutôt réticent. Il soupçonne un désir opportuniste chez ces jeunes barbus, qui piaffent d’impatience de disposer d’un parti politique. Les rapports sont tendus entre Khatib et Benkirane, car le patron du MPDC, un vieux parti en jachère depuis des années, n’arrive pas à se départir de sa méfiance.
Après avoir intégré en 1996 cette coquille vide, qui portera deux années plus tard le nom de PJD, Benkirane entame une nouvelle négociation avec le ministère de l’Intérieur. L’homme n’a aucun état d’âme à s’asseoir en face du Makhzen et de négocier avec ses représentants. Il le reconnaît et le revendique même face aux tenants de la pureté politique. “Que celui qui n’a jamais arpenté les couloirs du ministère de l’Intérieur me jette la première pierre”, semblait-il répondre à ses détracteurs. L’Etat donne son feu vert pour une participation limitée aux élections législatives de 1997.
Un parti comme les autres
Le PJD remporte 9 sièges, insuffisants pour former un groupe parlementaire. Dans les rangs islamistes, on est convaincu que le parti a décroché davantage de sièges. On formule bien quelques timides protestations, mais on garde un profil bas. Une reconnaissance de la part de l’Etat vaut bien quelques couleuvres avalées. Elle est aussi perçue comme la consécration des idées de Benkirane et sa vision de la place que le mouvement islamiste doit occuper sur l’échiquier politique. Dont acte… Les élections législatives et municipales qui vont suivre inscrivent définitivement le PJD au cœur de la vie politique marocaine.
L’après-1997 est le temps de la consolidation et du combat contre les vrais adversaires de son projet politique. Pour Benkirane, la vraie bataille ne se situe pas dans les circonscriptions électorales, au sein du Parlement, ou dans les mairies. Elle est culturelle et morale. Pour lui, l’ennemi est chez ces élites occidentalisées - dont il est pourtant proche socialement - qui “pervertissent l’identité marocaine”. Le pragmatisme politique et le sens de la négociation s’évanouissent et cèdent la place à l’affrontement quand il s’agit des questions sociales et culturelles. Benkirane est l’un des acteurs les plus dynamiques de la violence symbolique et verbale du PJD lors de la campagne contre le projet d’intégration de la femme, présenté par Saïd Saâdi. Son impétuosité sur ces questions explique la réputation de radical qui lui colle à la peau. Elle sera parmi les écueils qui lui barreront le chemin vers le poste de secrétaire général du PJD, en 2004, dans le sillage des turbulences qui ont suivi les attentats du 16 mai 2003. Son parti lui préfère Saâd Eddine El Othmani, plus lisse, à l'image plus conciliante. Maintenant que cette “parenthèse” est fermée, qu’il est (enfin) à la tête du PJD, que souhaite faire Abdelilah Benkirane du parti qu’il a créé et défendu ?
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Bio express.
1954. Naissance à Rabat.
1976. Rejoint les rangs de la Chabiba Islamiya, dirigée par Abdelkrim Moutiî.
1981. Prend ses distances avec la Chabiba et crée Al Jamaâ Al Islamiya.
1985. Préside le Mouvement renouveau et réforme.
1992. Tente de créer le Parti du renouveau national. Refus de l’Etat.
1997. élu député de Salé sous les couleurs du MPDC, qui prendra le nom du PJD en 1998.
2004. Prend la présidence du Conseil national du PJD.
2008. élu au poste de secrétaire général de son parti.
Source : Telquel



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