Le cancer du col de l’utérus
Le cancer du col de l’utérus est responsable de près de 1 000 décès par an.Mais on considère que près de 90 % de cas pourraient être évités grâce ? un dépistage régulier. En effet, cette maladie se développe ? partir de lésions dites précancéreuses causées par certains virus. Prévention, dépistage, traitement, recherches vaccinales… L’essentiel sur ce fléau féminin. Le cancer du col utérin est le deuxième cancer de la femme au Maghreb. Il pose un réel problème de santé publique. Son incidence varie entre 9 nouveaux cas pour 100 000 habitants par an en Tunisie et 13 ? 16 nouveaux cas pour 100000 habitants par an au Maroc et en Algérie. Le cancer du col utérin est la deuxième cause de mortalité par cancer dans les pays en voie de développement. Il est diagnostiqué dans 70 % des cas ? un stade localement avancé et/ou métastatique. Il affecte les multipares entre 40-60 ans ayant un bas niveau socio-économique dans 80 % des cas. Le tiers des patientes a eu les premiers rapports sexuels avant l’âge de 18 ans ». C’est précisément en ces termes que le Professeur Abdellatif Benider, chef du service d’oncologie du CHU de Casablanca, présentait la réalité du cancer du col de l’utérus au Maroc lors du Symposium International sur la prévention du cancer du col utérin, organisé ? Skhirat, les 15 et 16 septembre derniers, par l’association Lalla Salma de lutte contre le cancer. Selon l’OMS, si aucune action préventive n’est pas programmée, les décès par cancer du col de l’utérus devraient augmenter de 25 % au cours des dix prochaines années dans des pays comme le nôtre. Actuellement, le facteur de risque retenu est le virus HPV « Human papilloma virus ». L’exposition ? ce virus se fait par contact sexuel chez la femme jeune avant 30 ans et diminue avec l’âge. La prévention du cancer du col de l’utérus passe aussi par la prévention des infections sexuellement transmissibles.
Un vaccin anti-HPV
Deux laboratoires ont développé un vaccin qui permettrait de protéger les femmes contre les infections causées par les HPV 16 et 18, ? l’origine des deux tiers des cancers du col de l’utérus ? travers le monde.
Les études ont montré l’efficacité de ces vaccins dans l’immunisation, qui atteint pratiquement 100 % des jeunes filles et des femmes entre 9 et 26 ans contre des infections dues ? ces types de HPV.
Cependant, il y a lieu de souligner que le vaccin ne peut ? lui seul prévenir tous les cancers dus au HPV, le programme de dépistage par le frottis cervico-vaginal devra être maintenu selon les spécialistes, dans les programmes de lutte contre le cancer du col de l’utérus.
Un plan de vaccination pour le Maroc ?
Les questions qui doivent être débattues aujourd’hui, avant la mise en application d’un plan de vaccination pour le Maroc, sont essentiellement d’ordre pratique : l’âge de la vaccination, les intervalles entre les injections (trois sont nécessaires pour une protection contre le HPV), la durée de la protection, le coût pour les pays en développement, etc.
En effet, si d’un point de vue santé publique globale, l’application d’un plan de vaccination s’impose pour la réduction de la mortalité liée aux cancers provoqués par HPV et pour protéger un nombre maximal de femmes, il faut préciser que ces vaccins présentent des faiblesses fondamentales qui entravent une distribution optimale, en particulier dans les pays en voie de développement comme le Maroc.
En plus d’être coûteux, ces vaccins nécessitent une chaîne du froid et trois injections intramusculaires sur une période de six mois, sachant que ceci est destiné ? de jeunes adolescentes qui ne font pas partie des groupes cibles des programmes de vaccination habituels. Troisièmement, la protection est principalement limitée aux types de VLPs présents dans le vaccin, c’est-? - dire les types 16 et 18, et donc ne devrait pas s’étendre aux 30 % de cancers du col utérin provoqués par les autres HPV HR. Quatrièmement, les vaccins VLPs ne sont pas censés avoir d’effet sur la régression de lésions déj? existantes. Le délai entre l’infection par HPV et l’apparition d’un cancer étant supérieur ? dix ans, les bénéfices pour la santé publique seront retardés d’autant, ce qui pourrait décourager les décideurs ? adopter une telle stratégie ».
Pour une prévention optimale
Le cancer du col utérin est une maladie sexuellement transmissible. Sa prévention primaire est basée d’abord sur l’éducation, l’information et la sensibilisation de la population. Il faut savoir que ce cancer est l’un des plus accessibles au diagnostic, permettant une détection précoce pour une prise en charge efficace et un traitement adapté. La pratique généralisée du frottis du col de l’utérus constitue dans ce sens une action de santé publique. Le frottis permet de détecter des anomalies et contribue au diagnostic précoce de lésions précancéreuses et de tumeurs cancéreuses. Selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la Santé, le dépistage par frottis réduirait de 80 % le taux de mortalité causée par le cancer du col de l’utérus. Dans cette optique, l’OMS recommande aux gouvernements de mettre en place un programme systématisé soumis ? des contrôles de qualité avec une couverture de dépistage élevée. Dans les pays développés, l’adhésion de la population ? la pratique du frottis cervicovaginal et au suivi des femmes par les médecins, a permis d’atteindre une couverture de 80 %. Au cours de ces quarante dernières années, les taux de morbidité et de mortalité par cancer du col utérin ont notablement diminué grâce ? l’accès aux moyens de dépistage par les frottis, leur lecture par des cytologistes et le traitement approprié des cas présentant des anomalies.
SOURCE: Citadine



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